Non à l'excision ! Oui à la reconstruction du Clitoris !
"Certains sont des gouttes d'eau qui viennent éclabousser l'humanité de leur amour. D'autres sont la vapeur d'eau qui entoure cette goutte d'eau et l'empêche de se décomposer avant d'atteindre l'humanité..." - Jahwel
Clitoraid... une des nombreuses lettres reçues :
J’ai 22 ans, je suis une étudiante somalienne à XXX, Canada. Mon histoire se lit comme suit. J’espère qu’après l’avoir lue, vous serez en mesure de m’indiquer la bonne direction à prendre. Je vous remercie d’avance pour toute information qui pourrait m’aider à me sentir comme une femme pour la première fois…
Je suis née à Mogadiscio, en Somalie, et j’ai été emmenée au Canada par ma grand-mère alors que je n’avais que 5 ans. Elle m’a élevée seule avec mes tantes et mes oncles, je n’ai donc jamais connu mes parents ni mes frères et soeurs. Lorsque j’ai atteint la puberté, je pensais continuellement à mes parents, et le fait que personne ne pouvait me comprendre comme une maman aurait pu le faire. Je voulais ma propre famille et je ne cessais de leur dire, car toute décision qu’ils prenaient à mon égard était injuste. Une chose n’aida pas ma cause, parce que j’ai été molestée par un des membres de ma famille que je considérais comme une figure paternelle.
De là ma rage s’accentua, ainsi que ressentiment et dépression. C’est donc à la fin de ma 7e année qu’on m’a envoyée en éthiopie, accompagnée de ma grand-mère, pour rencontrer ma mère. Je ne peux à peine vous décrire les attentes que j’avais alors concernant ma mère et ma fratrie, et ces attentes n’ont pas tardées à être mise de côté après moins d’une semaine à leurs côtés.
Ma grand-mère est retournée au Canada rapidement en raison d’une fragilité au niveau de sa santé. Le chaos a commencé à ce moment-là. Ma mère me fit sentir coupable d’avoir été celle qui s’en était sortie et qui avait vécu dans « l’ouest ». Elle m’a alors battue physiquement, a donné toutes mes possessions au hasard aux voisins, et m’a tout simplement brisé le coeur. Mes appels au secours auprès de ma famille au Canada n’avaient pas d’écho, ils croyaient que j’exagérais pour avoir de l’attention.
Tout ce dont je me souviens c’est d’être allée au lit, un soir, d’avoir déjeuné le lendemain matin, puis deux femmes sont venues tenir mes jambes alors qu’une troisième femme s’approchait de moi avec un rasoir. J’ai lutté et réussi même, à un certain moment, à m’échapper. Mais ces femmes se sont alors mises à me courir après dans la rue pour finalement me tenir par terre à nouveau…
je pleure à nouveau au seul souvenir de ces événements et de leur atrocité. C’était tellement horrible pour moi. J’ai mis des semaines à m’en remettre, avec des cordes attachées à mes jambes. Quand ma famille a découvert ce que ma mère m’avait fait, ils m’ont envoyé de l’argent pour que je voie un docteur, mais le temps que cela a mis à m’être donné, il était trop tard, ma mère avait déjà récupéré cet argent pour son usage personnel et je n’en ai pas vu le moindre sou. Ils m’ont alors réservé un billet d’avion pour me faire revenir au Canada.
Pourriez-vous SVP m’aider ? Je ne me sens pas adéquate pour entreprendre une relation, je suis dégoûtée par mes organes génitaux et la seule idée d’intimité ou que quelqu’un puisse les toucher me hante. Je suis jalouse de mes copines qui ont des relations et je ressens qu’il me manque quelque chose. Je ne suis pas complète et je ne me sens pas libre comme le sont mes copines. Si vous pouvez me repondre avec toute information pour que je puisse être « réparée », cela serait génial. J’ai finalement le courage de vouloir mettre ce passé derrière moi. Ma mère est décédée depuis 2006, et je ne veux pas porter physiquement le souvenir de cette blessure, et l’angoisse que cela m’a causée. J’en ai assez de me sentir amère.
Cette jeune femme sera probablement réparée lors de notre prochaine journée de chirurgie en mars, au Colorado, par le Dr. Bowers. Mais il y a des millions de femmes comme elle, cachées et criant par en-dedans pour de l’aide. Et voilà ce que nous ferons à l’Hôpital du plaisir, les aider autant qu’on le peut. Le toit de l’hôpital a maintenant été construit, les installations d’eau et d’égout sont en train d’être achevées, mais nous avons reçu une demande de l’équipe au Burkina Faso, demandant 40 000 $ supplémentaires pour terminer les locaux, avec une clôture, etc... et il ne nous reste que 6000 $ dans le compte...
SVP, n’arrêtez pas les levées de fonds, nous avons besoin de votre aide, elles ont besoin de notre aide… Merci pour votre dévouement, nous pouvons le faire !!
http://fr.clitoraid.org/index.php
